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UNE CHAPELLE EST NEE...
De tradition romane, toute petite
avec ses 17 M2, dans les bois des Serrières à Grillon. Commencée
il y a quelques années à raison d’un instant par jour ou
de grandes journées, elle est petit à petit sortie du sol, pratiquement
au-dessus de celle qui existait il y a un peu plus d’un millénaire.
Tout commence il y a une douzaines d’années lors de la découverte
fortuite d’un foyer préhistorique juste devant le portail de ma
maison.

L’ ASPAER, l’association archéologique de Valréas
ayant été autorisée à pratiquer les fouilles et
l’étude de ce foyer, se trouve bientôt devant une autre découverte
: un ensemble de tombes chrétiennes antropomorphes taillées dans
la roche du IX/X ème S., des murs gallo-romains et un certain nombre
d’indices portant à croire que les lieux ont été
habités depuis fort longtemps au cours des siècles…
La proximité immédiate d’une villa
gallo-romaine du Vème S., ainsi qu’une voie romaine (le chemin
actuel menant à l’habitation), le village médiéval
très proche de Montagu, les tombes, tout laisse supposer qu’un
lieu de culte était forcément au même endroit.
Le lieu de culte localisé, pratiquement sous la maison actuelle, les
divers indices archéologiques, le désir depuis longtemps de construire
une chapelle, des raisons plus personnelles, tout était réuni
pour faire sortir de terre ce petit édifice et m’encourager à
me mettre au travail.
Consultation de documents, photos, visites de chapelles rurales de la région,
et un beau jour, le chantier démarre…
Des hauts et des bas, bon an, mal an, petit
à petit, les murs de lauzes ramassés et taillés sur place
s’empilent. Les ouvertures, les chapiteaux encore à l’état
brut se mettent en place puis après quelques années d’arrêt,
la voûte, construite comme au Moyen-Age avec des cintres et des rails
en bois…
Bientôt la charpente puis le dôme et le « cul de four »
donnent à l’édifice sa forme définitive…
De petits découragements en petits problèmes alternés avec
de grands moments de plaisir (et de sueur ! ) pendant l’hiver 2002/2003
la couverture de tuiles est enfin posée, puis le clocher et par une curieuse
coïncidence après de nombreuses recherches, la découverte
d’une cloche le jour de la foire à la brocante de Saint-Jean.
Pourquoi une curieuse coïncidence ?
Parce que la chapelle, je voulais la dédier à Saint Martin des
Ormeaux…, Saint vénéré localement depuis le VII ème
S.et ayant un étroit rapport avec Saint-Jean Baptiste enfant puisque
fêté le 23 Juin et ayant été substitué à
ce dernier fêté lui le 24 Juin.
(voir histoire locale sur site internet : www.provence-vaucluse-decouverte.com
)
La cloche en place, l’étape suivante sera la sculpture des chapiteaux,
travail fascinant, dont les sujets semblent enfouis dans la matière et
ne demandent qu’a apparaître sous la main de celui qui les façonne…
La statuette du Saint Evêque mort de la peste à Taulignan étant
placé dans une niche au-dessus de l’entrée, il ne restait
plus pour rendre l’ édifice sacré que de trouver des Saintes
Reliques lui appartenant.
Et là , encore un petit miracle dû à deux éminentes
personnes d’Avignon, Monseigneur Reyne et le Père Daniel Bréhier
qui m’ont procuré une grande joie en m’offrant une précieuse
relique qui était entreposée à Notre-Dame des Doms.
Enchâssées dans un reliquaire, elles seront installées dans
une niche sous l’autel, tout à côté de la petite crypte
contenant les restes étudiés lors des fouilles archéologiques
d’une partie de la nécropole.
Bientôt, lors d’une cérémonie,
la chapelle sera bénie, une pierre d’autel consacrée scellée
sur l’autel et dans quelques centaines d’années, sous la
protection de Dieu et de Saint Martin des Ormeaux, elle fera peut-être
partie de notre petit patrimoine rural religieux…
Dans un an, lors du 500 ème anniversaire
de la Saint-Jean, un triptyque présentant
la vie de Saint Martin sera inauguré.
Mais ceci est une autre histoire…